un coup de coeur
520 pages
4éme de couv
Nom : Mendoza. Prénom : Teresa. Nationalité : Mexicaine. Veuve de Raimundo Davila Parra, pilote d'avion à la solde du cartel de Juarez, mort assassiné. S'installe
en Espagne. Soupçonnée de trafic de stupéfiants en association avec Santiago Lopez Fisterra. Arrêtée et condamnée à plusieurs mois de prison. Liée à Patricia O'Farrell, délinquante notoire.
Détient des actions dans Transer Naga, société de transports maritimes et dans de nombreuses sociétés écrans supposées blanchir de l'argent. Probablement à la tête de la plus grosse entreprise de
transport de cocaïne et de haschisch en Méditerranée pour le compte du cartel de Medellin ,des mafias russe et italienne. Femme d'affaires redoutable et dangereuse, multimillionnaire, mène une
vie discrète, aime le rêve et la solitude en mer à bord de son yacht. Aucune preuve n'a pu être retenue contre elle .
Mot de l'éditeur sur "La reine du sud"
Teresa Mendoza, mexicaine issue d'une famille très pauvre, n'a jamais connu autre chose que la violence de l'Etat du Sinaloa où les mafias de la drogue font la
pluie et le beau temps. Au début du roman, elle est âgée de 19 ans et vit à Culiacán avec Guero Dávila, un pilote à la solde des trafiquants, un risque tout qui est assassiné par ses propres
amis. Le monde de Teresa s'écroule. Se sachant menacée, elle s'enfuit de chez elle, cherche refuge dans une planque où les assassins de son ami la retrouvent, la violent et tentent de la
tuer.
Teresa, aidée par quelques « amis » espagnols se retrouve alors à Melilla, sur la côte marocaine, travaille dans un bar et tente d'oublier son drame auprès de Santiago Fisterra, un Galicien qui
passe de la drogue de Melilla à Gibraltar a bord d'un chriscraft. Elle l'accompagne, apprend à naviguer, mais une nuit, alors qu'ils transportent une cargaison de haschich, la police et des
douanes les prennent en chasse, et le hors-bord s'écrase contre un rocher. Santiago est tué sur le coup et Teresa condamnée à plusieurs mois de réclusion.
En prison, elle se lie avec Pati O' Farrell, une jeune femme de la haute bourgeoisie en rebellion contre sa famille, condamnée pour trafic de cocaïne. Grâce à Pati, Teresa se cultive, découvre la
lecture, renoue avec la vie. A leur sortie de prison, les deux jeunes femmes partent en mer récupérer dans une grotte 5OO kilos de cocaïne dont Pati n'avait révélé la cachette à personne. Eddie
Alvarez, homme d'affaires et avocat, va les aider à entrer dans les affaires. Avec son aide Teresa crée Tanger Naga, une entreprise de transports, puis une société écran à Marbella et enfin un
vaste réseau de sociétés fictives qui vont permettre de blanchir l'argent gagné par le transport de drogue de plus en plus lucratif. En 10 ans, la petite Mexicaine a monté la plus vaste
entreprise de narcotrafic d'Europe. Elle est devenue la Reine du Sud.
Mais Teresa Mendoza est une jeune femme solitaire qui est morte à Culiacán en même temps que son compagnon, et que ni l'amitié de Pati O'Farrell ni la liaison avec Santiago Fisterra n'ont pu
faire renaître. C'est aux règles de sa terre mexicaine qu'elle obéit et c'est là qu'elle retournera pour accomplir le seul geste qui peut encore la sauver : venger la mort de son homme.
Arturo Pérez-Reverte signe sans aucun doute un de ses meilleurs romans. On y retrouve la complexité des intrigues, le suspense, la construction sans faille des anciens livres comme Le Maître
d'escrime et Le Club Dumas, et la psychologie si bien travaillée des personnages de La Peau du tambour et du Cimetière des bateaux sans nom.
La Reine du Sud est en cela un aboutissement : roman d'aventures sur un thème actuel, superbe portrait d'une femme dure et fragile, personnages secondaires à forte personnalité, intrigue
qui tient le lecteur en haleine jusqu'à l'accélération et les rebondissements des derniers chapitres.
Les aventures de Teresa Mendoza, une jeune Mexicaine redoutable et dangereuse, au coeur des trafics de drogue et de la mafia. On la soupçonne d'être à la tête de la plus grosse entreprise de
transport de cocaïne et de hashich en Méditerranée pour le cartel de Medelin, mais aucune preuve n'a pu être retenue contre elle…
Arturo Pérez-Reverte est né à Cartagena, Espagne, en 1951. Licencié en Sciences politiques et en journalisme, il a travaillé longtemps comme grand reporter et correspondant de guerre pour la
télévision espagnole, notamment pendant la crise du Golfe et en Bosnie. Ses romans sont des succès mondiaux, et plusieurs d'entre eux ont été portés à l'écran. Il partage aujourd'hui sa vie entre
l'écriture et sa passion pour la mer et la navigation. Il a été élu à la Real Academia de Letras en 2003.
Arthuro Pérez Reverte est un admirateur d' Alexandre Dumas . Pour la reine du sud il s'est inspiré du comte de Monte Christo .
L'héroine Térésa est une paysanne sans avenir née au Mexique . Comme Edmond Dantés elle va etre injustement condamnée , se transformer , conquérir la fortune et le
pouvoir et enfin se venger .
Elle se débattra dans un monde d'hommes celui des narco trafiquants entre le Mexique , le Maroc et l'Espagne et n'écoutera que son instinct de survie ; pour ça elle deviendra impitoyable ,
calculatrice .
Et deviendra la reine du sud .
Dans ce roman aucun temps mort , une course conte la mort , pour la vie , la liberté . Dans ce monde pas question de sortir du milieu , une fois dedans c'est pour
la vie . Térésa en fait l'expérience au début du roman , son compagnon ayant été tué , elle doit subir le meme sort meme si elle ne sait rien de ses combines .
l'auteur nous donne un portrait sans fard de policiers , d'une justice et de la politique pas trés propres , où l'argent méne la danse .
je me suis attachée à Térésa malgré tout cela , malgré les morts ( titre du chapitre 11 : je ne sais pas tuer , mais j'apprendrai ), le trafic de drogue ;elle n'est
animée que de la volonté de s'en sortir
c'est ça la grace de ce livre : aimer Térésa malgré tout
le livre est construit autour de 2 axes alternés : un journaliste qui traque Térésa pour écrire sa biographie ( ou on peut reconnaitre l'auteur lui meme ? ) et des passages romancés de la vie de
Térésa ; l'objectivité du journaliste et les memes faits vus par plusieurs personnages .
la fin du livre , ouverte , laisse imaginer son avenir possible
La reine du sud
par Vanessa Postec
critique de Lire, juin 2003
«J'avais toujours cru que les corridos mexicains de la drogue - les narcocorridos - n'étaient que des chansons et que Le comte de Monte-Cristo n'était qu'un roman»... avant de croiser la Reine du
Sud, aurait pu ajouter le narrateur. Car la vie de Teresa Mendoza, Edmond Dantès au féminin, suffirait à alimenter quantité de ces chants populaires. Elle n'a qu'une vingtaine d'années lorsque
son compagnon, pilote d'avion pour le compte de trafiquants de drogue mexicains, se fait assassiner par ses employeurs. Les «règles» étant ce qu'elles sont au Sinaloa, même innocente, elle sera
condamnée. Exilée près de Gibraltar, elle rencontre le pilote d'une vedette qui fait passer des cargaisons de haschich du Maroc en Espagne. Et n'aura que le temps de lui apprendre les rudiments
du métier, avant d'être tué à son tour. Incarcérée pour quelques mois, elle se liera avec le «lieutenant», une jeune femme de bonne famille, qui, après lui avoir donné le goût des livres, lui
donnera celui des affaires en lui proposant de partager un «trésor». Oscillant sans cesse entre hommage à Alexandre Dumas et reportage quasijournalistique sur le monde des narco-trafiquants, le
dernier roman d'Arturo Pérez-Reverte est - avant tout - une fresque mêlant amour, vengeance et soif de vivre. Dans la veine de Gabriel García Márquez, la sobriété en plus.
voici un extrait , chapitre 7 :
Chapitre 7: Ils m'ont marqué du Sept..
En même temps, Dantès se senti lancé, en effet, dans un vide énorme, traversant les airs comme un oiseau blessé, tombant, tombant toujours avec une épouvante qui lui glaçait le cœur... Teresa
Mendoza lut ces lignes et resta pensive un instant, le livre ouvert sur ses genoux, en regar-dant la cour de la prison. C'était encore l'hiver, et le rectangle de lumière qui se déplaçait dans le
sens inverse du soleil réchauffait ses os à demi ressoudés sous le plâtre du bras gauche et l'épais chandail de laine que lui avait prêté Patricia O'Farrell. Elle était bien, ici, dans les
der-nières heures de la matinée, avant que ne retentisse la sonnerie annonçant le repas. Autour d'elle, une demi-centaine de femmes bavardaient, assises comme elle au soleil, fumaient allongées
sur le dos en en profitant pour bronzer un peu, ou se promenaient par petits groupes d'un bout à l'autre de la cour, avec cette façon caractéristique qu'ont les recluses forcées de se déplacer
dans les limites de l'enceinte: deux cent trente pas dans une direction, puis demi-tour après être arrivées au mur surmonté d'une guérite et de fils de fer qui les séparait du quartier des
hommes, deux cent vingt-huit, deux cent vingt-neuf, deux cent trente exactement vers le panier de basket-ball, de nouveau deux cent trente pour revenir au mur, et ainsi de suite huit ou dix fois
par jour.
(...)
- Pati.
- Quoi ?
- Le livre est super.
- Je te l'avais bien dit.
Elle continuait à garder les yeux fermés, la cigarette fumante à la bouche, et le soleil accentuait les petites taches, semblables à des grains de son, qu'elle avait sur le nez. Elle avait été
attirante et, d'une certaine manière, elle l'était encore. Ou peut-être plus agréable que vraiment attirante, avec ses cheveux blonds, son mètre soixante-dix-huit, ses yeux vifs qui semblaient
rire tout le temps intérieurement quand ils vous regardaient. Une mère qui avait été Miss Espagne en 1950 et des poussières, mariée avec le O'Farrell des vins et des chevaux de Jerez dont on
voyait parfois des photos dans les magazines: un vieux tout ridé et élégant sur fond de barriques et de têtes de taureaux, dans une maison pleine de tapis, de tableaux et de meubles couverts de
céramiques et de livres. I1 y avait d'autres enfants, mais Patricia était la brebis noire. Une affaire de drogue sur la Costa del Sol, avec mafia russe et trucidés. Son ami qui portait trois ou
quatre noms avait été descendu d'une rafale, et elle s'en était tirée de justesse avec deux balles qui l'avaient expédiée pour un mois et demi en réanimation. Teresa avait vu les cicatrices dans
les douches et quand Patricia se déshabillait dans leur cellule: deux étoiles marquant la peau dans le dos, près de l'omoplate gauche. La trace de la sortie d'une des deux balles était plus
grosse, devant, sous la clavicule. La seconde s'était écrasée contre l'os et avait été extraite sur le billard. Des balles blindées, tel avait été le commentaire de Patricia la première fois que
Teresa l'avait contemplée. Si ç'avaient été des dum-dum, je ne te dis pas le désastre. Après quoi elle avait clos l'affaire d'une grimace muette et amusée. Les jours de pluie, cette seconde
blessure la faisait souffrir, tout comme Teresa souffrait de la fracture récente de son bras plâtré.
- Qu'est-ce que tu penses d'Edmond Dantès ?
Edmond Dantès c'est moi, répondit Teresa presque sérieusement, et elle vit les rides autour des yeux de Patricia s'accentuer, sa cigarette trembler sous son sourire. Et moi, dit-elle à son tour.
Et toutes celles-là, ajouta-t-elle en désignant la cour sans ouvrir les yeux. Nous sommes toutes des vierges innocentes et nous rêvons à un trésor qui nous attend quand nous sortirons d'ici.
- L'abbé Faria est mort, annonça Teresa en regardant les pages ouvertes du livre. Pauvre vieux.
- Tu vois. Parfois, il faut qu'il y en ait qui crèvent pour que d'autres vivent.
(...)
Elle revint au livre. Edmond Dantès venait d'être jeté du haut des rochers, dans un sac, les pieds lestés d'un boulet de canon, par ceux qui croyaient avoir affaire au cadavre du vieil abbé. La
mer est le cimetière du château d'If, 1ut-elle avidement. J'espère qu'il va s'en sortir, se dit-elle en passant vite à la page suivante et au chapitre suivant. Dantès, étourdi, presque suffoqué,
eut cependant la présence d'esprit de retenir son haleine... Bon Dieu! Pourvu qu’il puisse remonter à la surface et revenir à Marseille récupérer son bateau et se venger des trois salopards de
merde, ces enfants de putain qui se disaient ses amis et qui l'ont vendu d'une manière aussi dégueulasse. Teresa n'avait jamais imaginé qu'un livre puisse captiver l’attention du lecteur au point
qu'il ne souhaite plus qu’une chose: retrouver un moment de tranquillité pour le reprendre là où il l'a laissé, avec une petite marque pour ne pas perdre la page. Patricia lui avait donné
celui-là après lui en avoir beaucoup parlé, tandis que Teresa s'émerveillait de la voir rester si longtemps absorbée par les pages de ses livres; de se mettre tout cela dans la tête et de le
préférer aux séries de la télévision - elle, elle aimait passionnément les séries mexicaines, qui lui apportaient l'accent de son pays -, aux films et aux concours que les autres détenues se
battaient pour voir dans la salle de la télé. Les livres sont des portes qui t'emmènent à 1’air libre, disait Patricia. Avec eux tu apprends, tu fais ton éducation, tu rêves, tu imagines, tu vis
d'autres vies et tu multiplies la tienne par mille. Trouve-moi quelque chose qui t’en donne davantage pour si peu, Mexicaine. Et ils servent aussi à écarter beaucoup de choses pénibles: rêves,
solitude, un tas de merdes comme ça. Parfois je me demande comment vous faites pour tenir le coup, vous qui ne lisez pas. Mais elle n'avait jamais dit: tu devrais en lire un, ou regarde donc
celui-ci ou celui-là; elle avait attendu que Teresa se décide toute seule, après l'avoir surprise à plusieurs reprises en train de jeter un regard curieux sur les vingt ou trente livres qu'elle
renouvelait régulièrement, exemplaires de la bibliothèque de la prison ou envoyés de l'extérieur par un membre de sa famille, un ami, ou encore rapportés, contre finances, par des camarades
bénéficiant d'une autorisation de sortie. Enfin, un jour, Teresa avait dit: j'aimerais en lire un, parce que je n'ai jamais fait ça. Elle avait dans les mains celui qui s intitulait Tendre est la
nuit, ou quelque chose de semblable, titre qui lui semblait follement romantique, et puis l'illustration de la couverture était jolie, une fille élégante et mince avec un chapeau, très
distinguée, style années vingt. Mais Patricia avait hoché la tête, le lui avait repris et dit: attends, chaque chose en son temps, avant tu dois en lire un autre qui te plaira davantage. De sorte
que, le lendemain, elles étaient allées ensemble à la bibliothèque de la prison et avaient demandé à Marcela Conejo, la responsable - Conejo était son surnom: c'était de l'eau de Javel de cette
marque qu'elle avait mise dans la bouteille de vin destinée à sa belle-mère -, le livre que lisait maintenant Teresa. Il parle d'un prisonnier comme nous, avait expliqué Patricia en la voyant
inquiète d'avoir à lire quelque chose d'aussi épais. Et puis regarde: Collection Sepan Cuantos, Éditions Porrua, Mexico. Il vient de là-bas, comme toi. Vous êtes faits l'un pour l'autre.